Béziers est une des étapes du Chemin de Compostelle. En 1192 comme au 21ème siècle laissez-vous porter et découvrez la richesse de notre jolie ville.

Nous sommes en 1192…

Imaginons un instant : un soir de l’été 1192. Harassé(e) de fatigue, rêvant de vous reposer quelques heures, vous et votre petit groupe de pèlerins “traînez la patte”. Vous arrivez à Béziers, suivant le chemin d’Arles vers Saint-Jacques de Compostelle.

Plus précisément, le “Camin Romieu” alias le Chemin des pèlerins, par la voie des piémonts, itinéraire alternatif serpentant dans la plaine languedocienne. Donc, venant de l’est de Béziers, par la Voie Domitienne (avenue Saint Saëns aujourd’hui) vous franchissez par le pont-levis les douves du rempart (actuelles Allées Paul Riquet). Vous approchez de la « portette » du château (Place Jean-Jaurès), gardée par des soldats du vicomte Trencavel. Vous montrez vos crédentials : on vous accorde bien volontiers le passage.

Courageux marcheurs, emplis d’espoir et de conviction, vous arpentez la cité, croisez des soldats du vicomte remontant la rue de la Citadelle ; puis un chevalier et son destrier harnaché, sur la Place du Forum… Ici et là quelques boutiquiers assis sur la margelle d’un puits rue Canterelles – artère fourmillant de commerces – se désaltèrent. Vous aussi : il faut bien se débarrasser de la poussière du chemin.
Vous continuez vers la porte du Bout du Pont, dans le rempart ouest de la ville, au-dessus du Pont Vieux. Lorsque, vous voyant éreinté, un bon samaritain vous propose la paille de son écurie pour dormir, une assiette de ragoût de fèves pour vous requinquer. Demain, au lever du soleil, il vous souhaitera “bon camino” (“Faites bonne route”, en occitan)…

Retour au XXIe siècle, mais “Bon camino” quand même

Dans le quartier de l’église Saint-Jacques (la bien nommée) à deux pas de la rue Canterelles, “Bon Camino” est aussi le nom du gîte créé au printemps 2016, pour accueillir les pèlerins de Compostelle qui, comme vous, font halte à Béziers. A quelques pas, place des Casernes, vous avez souri, en détaillant la fresque peinte en juin (2016 aussi) : la carte des principaux chemins de Saint Jacques y est peinte. De même, l’inévitable “jacquaire” avec sa coquille, son chapeau et son bourdon. Pour vous guider dans la ville vous avez bien sûr suivi, les yeux au ras des trottoirs, les clous de bronze indiquant “Camin Roumieu-Béziers”.

Comme quoi depuis 1 000 ans (le pèlerinage a pris son essor au XIe siècle), les chemins de Saint-Jacques de Compostelle exercent une puissante attraction sur d’innombrables personnes : en 2019, quelque 350 000 pèlerins y ont marché, soit trois fois plus de gens qu’en 2004 ! Dont -depuis 2018 – une majorité de femmes… Avec Jérusalem et Rome, il demeure l’un des pèlerinages “saints” de l’Eglise catholique.