Comme de coutume, partons à la découverte d’un point d’intérêt remarquable de notre patrimoine local. Ce mois-ci, nous vous proposons de vous arrêter sur notre patrimoine naturel avec la lagune de la Grande Maïre , entre terre et mer, eau douce et salée, entre Sérignan-Plage et Portiragnes.

C’est ici que se jetait l’Orb à la mer et en hiver, les tempêtes ouvrent le grau et viennent saler cet espace Méditerranéen. La Grande Maïre constitue une vaste zone humide de 400 ha qui abrite une mosaïque de milieux naturels (dunes, lagunes, prés-salés, roselières) et une remarquable diversité d’espèces animales (oiseaux, canards)...à protéger !

L' Histoire de la Maïre

Jusqu'au XIème siècle,  l'Orb avait une large embouchure qui se divisait en trois bras : l'un se jetant dans la Riviérette (sur la commune de Portiragnes) le second dans la Grande Maïre et le troisième passait par Sérignan - qui correspond approximativement au tracé actuel de l'Orb -. Au milieu du XIIIème siècle le bras débouchant dans la Riviérette a disparu, celui passant par la Grande Maïre en faisant de même vers 1600. Actuellement le ruisseau de la Maïre-Vieille et une partie des limites communales entre Sérignan et Villeneuve-lès-Béziers sont des vestiges de ce tracé.

Jusqu'à la 2ème moitié du XIXème siècle, les plaines littorales étaient des zones de marais insalubres, infestées de moustiques et par conséquent peu fréquentées. Cependant, le pastoralisme y était présent tandis que les cultures se concentraient sur les coteaux. A la fin du XIXème siècle, sous l'effet de l'arrivée du chemin de fer, la culture du blé a disparu et la viticulture s'est étendue. Face à la menace du Phylloxera, les terres inondables sont devenues très attractives pour la viticulture. Elles vont ainsi être drainées et aplanies pour les mises en culture ; la vigne dominera largement l’agriculture locale jusqu'au début de la seconde guerre mondiale.

Pendant la guerre, la vigne dépérie par manque d'entretien. Elle sera remplacée par de la luzerne irriguée. A Portiragnes des essais de culture de riz sont réalisés dans les années 1950 mais ils sont peu rentables et disparaissent rapidement. Vers 1960 une implantation de cultures fruitières (pommes) est tentée. Après de la maïsiculture des années 70 les cultures disparaissent et laissent place à l'élevage. Depuis 1975, des ovins sont installés sur les terrains des Salins du midi.

A Sérignan, en 1962 les agriculteurs se regroupent en association afin de remembrer les terres et créent une association syndicale autorisée (ASA) pour gérer le réseau hydraulique.

Un espace et des espèces à protéger

Sur le littoral biterrois, les espaces naturels qui font partie du réseau Natura 2000 (réseau européen de protection des habitats et des espèces) et sont aussi propriétés du Conservatoire du Littoral.

Les sites Natura 2000 sont désignés pour protéger un certain nombre d’habitats et d’espèces représentatifs de la biodiversité européenne.

A ce titre, l'agglomération de Béziers Méditerranée, en partenarait avec celle d'Hérault Méditerranée ainsi que les communes de Valras-Plage, de Sérignan et de Portiragnes, mais aussi le Conservatoire du Littoral et les services de l’État, travaillent ensemble à gérer les sites des Orpellières et de la Grande Maïre. Accompagnés par des experts et acteurs locaux investis, ils ont défini un plan d’actions au plus près des besoins de préservation des milieux naturels tout en prenant en considération les usagers et activités humaines.

Dans le contexte de fin de confinement et de la réouverture des plages de ces derniers mois, les compétences de chacun ont été réunies afin d’identifier les interventions les plus pertinentes pour préserver les espèces d’oiseaux présentes sur la plage. En effet, celles-ci ont profité du confinement pour s’installer sur les plages en plus grand nombre et dans des zones d’habitude fréquentées par les usagers.

L' objectif prioritaire reste de  permettre aux oiseaux de pouvoir mener à bien leur cycle de reproduction. A la Grande Maïre tout comme aux Orpellières, les nids ont été mis en défens par du bois flotté et de la rubalise, il est donc plus que recommandé de s’en tenir éloigné pour la survie de ces espèces protégées !

Des agents des Agglos, des communes et des bénévoles sont présents régulièrement sur la plage de la Maïre pour expliquer les mesures mises en place et s’assurer de leur respect par les usagers. Les nids identifiés ont été matérialisés afin d’éviter les piétinements.

Aidez-nous à protéger les nichées !

• Respecter le balisage de protection mis en place

• Éviter de vous approcher de la lagune - merci de marcher plutôt le long du fil d'eau

• Respecter l’interdiction des chiens sur la plage

Alors gardons les bonnes habitudes, on prend soin de nos joyaux naturels et de leurs espèces ! En outre, d'autres espèces sont à protéger : il vaut mieux éviter de cheminer dans les dunes et préferez emprunter les accès par les passages aménagés.